Cet article est écrit dans le cadre du challenge UPro-G (voir ici) ; thème imposé du mois de décembre 2025 : un métier de bouche.
Aujourd’hui, dans nos petites communes rurales, il n’y a bien souvent plus aucun commerce. Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi.
La famille ORSOLLE
En consultant les recensements de population de Puiseux-le-Hauberger, dans l’Oise, village où j’ai grandi, on trouve, en 1931, une famille de charcutiers.
Le père, qui est son propre patron, est Théobald Romuald Édouard ORSOLLE.
Il est né le 9 octobre 1885 à Agnetz (Oise), fils de Théobald, cordonnier, et d’Eugénie LEBON, piqueuse en bottines.
Le 23 janvier 1909, il épouse Eugénie Louise LESUR, couturière (née le 27 février 1889 à Coye-la-Forêt – Oise ; fille d’Émile Laurent, cordier, et d’Eugénie Félicité L’HUILLIER, sans profession).
Ensemble, ils ont 3 enfants, dont Madeleine et Édouard qui travaillent pour leur père à la charcuterie, comme indiqué sur la liste nominative du recensement de population ci-dessus.
Depuis quand ?
Lors de son mariage, Théobald exerce la profession de polisseur orfèvre. De même, dans les actes de naissance de ses enfants, il n’est pas charcutier :
- 1911 (naissance de Renée Andréa Eugénie à Bornel – Oise) : il est orfèvre ;
- 1912 (naissance de Madeleine Albertine à Bornel – Oise) : il est polisseur ;
- 1914 (naissance de Raymond Désiré « Édouard » à Esches – Oise) : il est marchand-forain et son épouse couturière.
Sur le recensement de Esches en 1921, il est chaudronnier.
C’est sur le recensement de Puiseux-le-Hauberger en 1926 qu’il apparaît pour la première fois comme charcutier et patron, sa femme travaillant avec lui.
D’après l’Annuaire général du département de l’Oise de 1937, il fait aussi office de cafetier et d’épicier.
Jusqu’à quand ?
Lors du mariage d’Édouard en 1937 à Paris, lui et ses parents sont toujours mentionnés comme charcutiers à Puiseux-le-Hauberger. Son épouse, Georgette PAEMELAERE, est crémière. On reste dans les métiers de bouche.
Théobald décède le 1er août 1948 à Puiseux-le-Hauberger, à l’âge de 62 ans.
Je n’ai pas eu accès à son acte de décès pour l’instant, cet article étant écrit en périodes de fêtes de fin d’année. Ainsi, je ne peux pas dire quelle profession il exerçait alors.
Comment ?
Comment passe-t-on du métier de polisseur orfèvre à celui de charcutier, deux spécialités bien éloignées ?
C’est un mystère.
Les parcours de vie sont parfois surprenants pour qui sait saisir la moindre opportunité.
Sources et bibliographie :
- Archives départementales de l’Oise : 3E7/25, Agnetz, NMD 1878-1885 ; 3E88/15, Bornel, NMD 1903-1912 ; 3E172/16, Coye-le-Forêt, NMD 1907-1909 ; 3E218/16, Esches, NMD 1913-1922 ; 6 Mp 251, Esches, recensement 1921 ; 6 Mp 579, Puiseux-le-Hauberger, recensements 1926 et 1931.
- Archives de Paris : 19M 348_B, Paris 19e, M 1937.
- Annuaire général du département de l’Oise, Amiens : Émile SCHMIDT propriétaire-fondateur, 1937. 1325 + 71 p.