Cet article est écrit dans le cadre du challenge UPro-G (voir ici) ; thème imposé du mois d’avril 2026 : un testament.
Le testament fait partie des actes intéressants en généalogie.
En effet, non seulement il permet de retrouver les héritiers d’une personne, mais il permet aussi de se faire une idée de son caractère et de son cercle de connaissance (proches et amis).
Anne CHALMANDRIER
Nous sommes le 12 septembre 1809. Lorsqu’elle dicte son testament à un notaire, devant quatre témoins, Anne CHALMANDRIER a 80 ans. Elle est originaire de la Haute-Marne, mais vit dans une maison bourgeoise de Villiers-le-Bel (Val-d’Oise), depuis de nombreuses années.
Elle est veuve de René BERGUE en premières noces, de Pierre GUDVERT en deuxièmes noces et de Jacques Ambroise BOURREAU en troisièmes noces. Ce dernier était bourgeois de Paris.
Elle ne peut pas écrire elle-même, « indisposée de corps, mais saine d’esprit, mémoire et entendement, ainsi qu’il est apparu audit notaire et auxdits témoins par ses discours et entretiens. »
Sa religiosité apparaît dans les premières dispositions qu’elle prend : « Je recommande mon [âme] à Dieu et supplie sa divine bonté de lui faire miséricorde et de la recevoir dans son saint Paradis. »
Pour ses funérailles, elle s’en remet à la personne dont elle fait sa légataire universelle : « Je m’en rapporte à la prudence de ma légataire universelle ci-après nommée pour mes funérailles et prières qui seront dites après mon décès. »
Marie Madeleine Julie MONGNARD, sa légataire universelle
Malgré ses trois mariages, Anne CHALMANDRIER n’a pas d’héritiers directs :
« N’ayant ni ascendans, ni descendans et voulant récompenser Marie Madeleine Julie MONGNARD, ma fille de confiance, demeurante avec moi depuis environ dix-huit à dix-neuf ans, des peines et soins qu’elle s’est donnée auprès de moi et de mon dernier mari, surtout dans les maladies que nous avons éprouvées et que j’espère qu’elle me continuera jusqu’à mon décès… »
Marie Madeleine Julie MONGNARD est née à Montsoult (Val-d’Oise), le 12 mars 1775. Elle est la fille d’André Nicolas MONGNARD, jardinier, et de Marie Magdeleine DAVID.
Comme mentionné dans le testament, Marie MONGNARD est au service d’Anne CHALMANDRIER depuis presque vingt ans. Ce qui suggère qu’elle devait avoir une quinzaine d’années quand elle a commencé à travailler pour ses fortunés patrons. Et, visiblement, elle leur était entièrement dévouée.
Le testament d’Anne CHALMANDRIER se poursuit comme suit :
« Je donne et lègue, à ladite Marie Madeleine Julie MONGNARD, ma maison et ses dépendances sises à Villiers-le-Bel, Grande Rue d’Aval, et tous les biens meubles et autres immeubles de toute nature, argent comptant, dettes actives, bijoux, lits, habits, linge et hardes et généralement tout ce qui m’appartient et pourra m’appartenir au jour de mon décès, à quelque titre que ça soit, en quelques lieux et endroits que lesdits biens soient dus et situés et de quelque valeur qu’ils soient. Pour de tous lesdits biens meubles et immeubles, sans exception, jouir, faire et disposer par ladite Marie Madeleine Julie MONGNARD en pleine propriété, comme bon lui semblera et de chose lui appartenante à compter du jour de mon décès et en être saisie de plein droit sans être tenue d’en demander la délivrance, à l’effet de quoi je la fais et institue ma légataire universelle en tous mesdits biens. »
Anne CHALMANDRIER décède finalement le 29 octobre 1815, à 86 ans.
Marie MONGNARD vendra la maison en 1834, au prix de 7250 francs, car elle n’y habite plus, ayant suivi son mari Pierre BERTHONNEAU, notaire à Écueillé, dans l’Indre.
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Sources et bibliographie :
- Archives départementales du Val-d’Oise (AD95), 2 E 26 23: Notariat de Villiers-le-Bel, Me LETELLIER Louis Pascal, minutes, 1808-1809 ; 2 E 26 75 : Notariat de Villiers-le-Bel, Me LECHAT Edme, minutes, octobre-décembre 1834 ; 3 E 120 5 : Montsoult, BMS 1768-1779 ; 3 E 183 21 : Villiers-le-Bel, NMD 1813-1815.